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Trois questions à Slim Hammami, arbitre Tunisien et francophone

samedi 21 novembre 2009, par Redaction FFE

C’est l’arbitre de référence pour les petits Français. Slim Hammami est un des 38 arbitres de ces championnats du monde. Et c’est lui qui est chargé de règler tous les problèmes qui pourraient survenir dans la langue de Molière. Rien de plus normal pour quelqu’un qui est prof de français dans une petite ville à côté de Tunis. Entretien. En français dans le texte, bien évidemment.

Comment devient-on arbitre d’un championnat du monde des jeunes ?

La FIDE choisit au moins quatre arbitres par continent. Et les principales langues internationales comme l’anglais, l’espagnol, le russe, l’arabe, l’espagnol, l’indien, le chinois, et bien sûr le français doivent absolument être représentées. Chaque arbitre international doit parler au moins trois de ces langues. Il y a donc toujours au moins un arbitre qui parle français couramment aux championnats du monde des jeunes. Quand on m’a proposé cette mission, j’ai bien évidemment tout de suite accepté. C’est un très grand honneur pour moi. D’autant plus que j’aime beaucoup la France (rires).

Comment se passe le tournoi ? Pas trop de problèmes à gérer ?

Sur le plan de l’arbitrage, tout se passe très bien. Aucun problème sérieux pour l’instant. Nous avons une mission beaucoup plus pédagogique que policière. Pour ma part, j’essaie toujours de privilégier la discussion à la sanction éventuelle. Donner un avertissement, par exemple, ça ne servira pas à grand chose. J’ai notamment une anecdote concernant votre délégation. Au moment où elle a perdu sa partie au temps, j’ai entendu une joueuse, dont je tairai le nom, lâcher un juron sous le coup de l’émotion. Je parle et je comprends le français (rire). Je suis allé discuter calmement avec elle au repas. Elle a parfaitement compris et s’est excusée. Et depuis, nous avons de très bonnes relations. C’était ici beaucoup plus profitable que de donner un avertissement qui n’aurait eu aucun effet.

Un joueur français, Gary Giroyan, a eu un litige dans une partie suite à une demande de nullité non recevable. Quelle est votre version des faits ?

Dans la partie de Gary, il y a eu effectivement 50 coups de joués sans coup de pion et sans prise de pièce. La demande de nullité pouvait donc être recevable. Mais malheureusement pour lui, Gary n’a pas respecté scrupuleusement la procédure. Pour cela, il doit entourer sur sa feuille de partie le 1er des cinquante coups, noter le 50e sans le jouer, et alors appeler l’arbitre, éventuellement en arrêtant la pendule si celui-ci n’est pas immédiatement sur les lieux. En aucun cas, l’arbitre ne pouvait intervenir pendant la partie pour indiquer au joueur la démarche à suivre. Ca serait considéré comme une aide extérieure. Il faut savoir qu’un joueur a parfaitement le droit d’arrêter la pendule en attendant l’arrivée d’un arbitre qui parle sa langue. Bien évidemment, si la demande n’est pas fondée, le joueur recevra une pénalité de temps pour l’arrêt de la pendule. Mais si on a un doute ou si on n’est pas d’accord, il ne faut pas hésiter à le faire.